


Valençay, chef-lieu de canton de l'Indre, 3122 habitants, est une charmante petite ville blottie autour de son château, située à 42 kms au nord de sa préfecture Châteauroux et à 55 kms au sud de Blois.
En arrivant de Blois par la belle forêt de Gâtine, une route rectiligne mène à l'une des 2 cours du château dite " cour des Ronds ".

Venant de Châteauroux, après avoir traversé les tristes plaines du Berry, on débouche soudain sur le haut d'un promontoire au bas duquel coule, tranquille, la rivière le Nahon puis remontant en haut d'une colline se dresse le château.

Au XIII ème siècle, existait un château féodal.
Les Chalons-Tonnerre, à la suite d'un mariage, en devinrent les propriétaires.
En 1451, Robert II d'Estampes achète le château. La famille d'Estampes en sera propriétaire pendant près de trois siècles. Durant cette période, le château se transformera profondément.

En 1509, ce sont Louis et son fils Jacques d'Estampes qui firent raser l'ancien manoir féodal et qui construisirent, à partir de 1520/1530, le château actuel de style Renaissance sur les plans d'un architecte inconnu. L'attribution à Philibert Delorme est erronée.
Dominique d'Estampes, au début du XVII ème siècle, fait construire face au parc l'aile ouest et côté Valençay, l'aile est. Un mur à arcades, fermant la cour d'honneur, relie les deux ailes.
Mademoiselle de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, en 1653, viendra à Valençay. Elle note, dans ses Mémoires, que Valençay est une " demeure enchantée ".

A la fin du XVII ème siècle, la famille d'Estampes perd de son lustre. Les ennuis financiers s'aggravent et contraignent la veuve d'Henri Hubert d'Estampes à vendre le domaine, en 1719, au banquier agioteur John Law. Cette vente sera annulée suite à sa banqueroute.
Finalement, après un passage dans la famille Chaumont de La Millière, c'est le fermier général Charles Legendre de Villemorien qui se porte acquéreur du domaine en 1766. Aussitôt, avec le concours de l'architecte Joseph-Abel Couture, il fit effectuer d'importantes transformations : suppression de l'aile Est, du mur à arcades et des modifications dans l'aile Ouest avec en particulier l'édification de la Tour Neuve.

Son fils, le comte Legendre de Luçay paracheva son œuvre et céda le château à Talleyrand en mai 1803.

" Monsieur de Talleyrand, je veux que vous achetiez une belle terre, que vous y receviez les gens du Corps Diplomatique, les étrangers marquants, qu'on ait envie d'aller chez vous, et que d'y être invité soit une récompense pour les ambassadeurs des souverains dont je serai content... " ainsi s'exprime le Premier Consul qui contribuera pour une très large part à l'acquisition du château.



En mai 1808, les Princes d'Espagne, capturés à Bayonne, sont placés en résidence surveillée au château de Valençay. Ils y resteront jusqu'en mars 1814 après la signature du traité de Valençay le 11 décembre 1813 qui rend le trône d'Espagne au prince Ferdinand, en dépit des réserves exprimées par les Cortès.

Ce n'est qu'en 1816, après huit années d'absence, que Talleyrand revient à Valençay. Presque chaque année le verra faire un séjour, accompagné par sa nièce la duchesse de Dino. Le 17 mai 1838, le prince de Talleyrand meurt à Paris et le 5 septembre, l'inhumation a lieu dans une chapelle à proximité du château après un dernier hommage de la population réunie auprès du cortège funèbre.


C'est son petit neveu, Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord, duc de Valençay, qui reçoit le domaine. A la mort de ce dernier, en 1898, son petit-fils, Boson, lui succède et meurt en 1952. Son légataire universel, M. Jean Morel, dernier propriétaire individuel, vend le château à une Association Départementale le 15 Décembre 1979.
Epargné par la seconde guerre mondiale, malgré des destructions dans le village le 16 août 1944, le château de Valençay a su conserver, à travers les vicissitudes du temps, une bonne partie du mobilier et des objets dont aimait s'entourer le Prince.








Remerciements à Messieurs André BEAU et Philippe Maillard pour leurs précieux conseils.





