


LETTRE SIGNEE
DE TALLEYRAND
AU
CITOYEN DUBOIS THAINVILLE,
CONSUL DE FRANCE A ALGER,
EN DATE DU
4 PRAIRIAL AN VIII
[24 MAI 1800]
Relations extérieures.
Bureau des Fonds.
Paris, le 4 prairial an VIII [24 mai 1800] de la République française, une et indivisible.
Le ministre des Relations extérieures,
Au citoyen Dubois de Thainville, à Marseille.
Pour vous mettre en mesure, citoyen, de vous rendre sur le champ à votre destination, je viens de prendre avec le citoyen Perregaux des arrangements pour vous faire faire à Marseille dès réception de ma lettre, la remise d’une somme de dix mille francs, imputable, soit sur vos frais de voyage, soit sur ceux d’établissement, soit enfin sur le traitement affecté au poste que vous occuperez.
Il sera facile de régulariser ce paiement par l’intermédiaire d’un fondé de pouvoirs que vous devez constituer à Paris, pour recevoir tous ceux qui pourraient vous être faits pendant votre mission. J’en ai exigé depuis quelques temps de tous les agents extérieurs. La manière que j’emploie aujourd’hui pour vous faire toucher des fonds est une raison de plus pour que vous vous conformiez à la règle que j’ai établie à cet égard. Occupez-vous sans aucun délai de cette procuration et indiquez-moi la personne à qui vous l’aurez envoyé.
Votre chargé de pouvoirs me donnera en votre nom des quittances représentatives de la somme qui va vous être comptée à Marseille, et j’en serai remboursé à la Trésorerie nationale dans les formes ordinaires.
Je ne fixe pas dans ce moment, le traitement dont vous jouirez ; il dépendra du succès de votre voyage. Alors seulement la somme que vous recevrez aujourd’hui, aura une imputation définitive.
Je n’ai pas dû oublier, citoyen, que vous avez précédemment touché quinze mille francs pour une mission qui n’a pas été remplie. Les circonstances ont sans doute arrêté votre zèle et multiplié les obstacles ; mais il est contraire à tous les principes qu’un fond consacré à un objet spécial, ne reçoive pas sa destination, et surtout que l’agent qui l’a perçu ne rende aucun compte de son emploi.
Vous trouverez ci-inclus, citoyen, un mandat de dix mille francs dont vous voudrez bien m’accuser la réception, ainsi que le payement qui vous en aura été fait par la maison sur laquelle il est tiré.
Salut et fraternité.
Ch. Mau. TALLEYRAND.
Collection Philippe MAILLARD





