

PROCLAMATION
DE LA CONFERENCE DE LONDRES
A LA NATION GRECQUE,
PUBLIEE A NAUPLIE,
LE 30 AOUT 1832
Hellènes, vos nouvelles destinées s’accomplissent ! Les Cours de France, de la Grande-Bretagne et de Russie viennent d’arrêter le choix du Souverain que la nation Grecque les avait chargées d’élire. Aussi active que désintéressée, leur coopération avait contribué à l’indépendance de la Grèce.
Le choix qu’elles ont fait aujourd’hui la consolide. Sous le sceptre du Prince Othon de Bavière, la Grèce s’élève à la dignité de Royaume et obtient l’alliance d’une des Maisons Royales les plus anciennes et les plus illustres de l’Europe, d’une Maison qui l’a soutenue dans sa lutte, assistée dans ses malheurs, encouragée dans sa régénération. Le Roi de Grèce ne tardera pas à venir former lui-même les liens les plus sacrés avec la nation. Il lui apporte la juste espérance de limites à la fois plus sûres et plus étendues, de grandes ressources financières, tous les moyens d’atteindre par degré une haute civilisation, tous les éléments d’une administration éclairée, tous ceux d’une bonne organisation militaire, et par conséquent tous les gages de la paix et du bonheur de sa nouvelle patrie. Les trois Cours croiraient se tromper sur le caractère de la nation grecque, si elles doutaient des sentiments que la Grèce va faire éclater d’une voix unanime.
Hellènes ! livrez-vous à ces sentiments avec confiance. Entourez votre nouveau Souverain de votre reconnaissance et de votre affection. Sujets fidèles ! ralliez-vous tous autour de son trône ; aidez-le avec un juste dévouement dans la tâche de donner à l’Etat une constitution définitive et de lui assurer le double bienfait de la paix au dehors, de la tranquillité, du règne des lois et de l’ordre au-dedans. C’est la seule récompense que les trois Cours vous demandent pour les services qu’elles ont eu l’occasion de vous rendre.
TALLEYRAND.
PALMERSTON.
LIEVEN.
MATUSZEWIC.





