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TALLEYRAND D'APRES GERARD




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LETTRE

DE TALLEYRAND

ADRESSEE A

LUCIEN BONAPARTE,

MINISTRE DE L'INTERIEUR,

EN DATE DU

4 FRIMAIRE AN 9

[25 NOVEMBRE 1800]

RELATIVE A

LA STATUE DE NOTRE DAME DE LORETTE





Paris, le 4 frimaire an 9 [25 novembre 1800],

Le ministre des Relations extérieures au ministre de l’Intérieur [Lucien Bonaparte].

Les principes de modération du nouveau pontife et l’esprit de conciliation que l’on remarque dans ses procédés avec la France augmentent, mon cher Collègue, les droits qu’il doit avoir à nos égards comme chef de gouvernement. Je viens vous prier de rectifier un oubli des convenances qui a eu lieu longtemps avant votre ministère et contre lequel ce pontife aurait de justes motifs de réclamer.

La statue de Notre-Dame-de-Lorette envoyée en France à la suite des victoires de l’armée d’Italie fut déposée à Paris dans le cabinet des Antiques, et cet objet de la vénération de l’Italie devint en France celui de la curiosité et d’un genre de sarcasmes qui ne pouvaient qu’affliger sans motif le chef de l’Eglise romaine, et qui d’ailleurs étaient peu compatibles avec la tolérance qu’il est bon de faire régner entre les différentes opinions religieuses. Il vous paraîtra, mon cher Collègue, qu’il convient à tous égards de mettre un terme à cette exposition publique qui ne ressemblerait qu’à un système d’hostilité contre Rome, et dont la prolongation répondrait mal aux ménagements du nouveau pontife envers la République et envers les citoyens français.

En vous priant de ne plus laisser cette statue exposée au milieu d’une collection d’Antiques, qu’elle enrichit très peu, je vous invite encore, mon cher Collègue, à vouloir bien la faire déposer en lieu de sûreté. Dans le cas où le nouveau pontife la réclamerait, le gouvernement français serait peut-être bien aise de lui remettre ce gage de désir qu’il a de bien vivre avec Rome.

Salut et fraternité.

Ch. Mau. de Talleyrand.

***

Cette lettre est signée du nom de Charles-Maurice de Talleyrand. Il faut y remarquer les dispositions toutes favorables de l’ancien évêque d’Autun à l’égard de Barnabé-Louis Chiaramonte, récemment élu pape sous le nom de Pie VII. – Il s’agit de la statue de la Vierge qui se trouve dans l’intérieur de la Casa Santa. Haute d’un mètre environ, en bois de cèdre devenu noir avec le temps. Elle est entièrement couverte de pierreries. Elle ne faisait pas partie des objets remis en vertu du traité de Tolentino. Elle fut enlevée quand les Français s’emparèrent de Lorette. Elle ne fut restituée qu’en 1802.

G. Vauthier.



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ANNALES REVOLUTIONNAIRES - TOME XII N° 2 1920 - pp. 246 et 247







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© EX-LIBRIS réalisé pour ma collection par Nicolas COZON - Gravure au Burin sur Cuivre
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Remerciements à Hélène NUE




" Quaero, Colligo, Studeo "









Pierre COMBALUZIER - 64000 PAU - FRANCE - 1997
Membre fondateur
de l'Association " Les Amis de TALLEYRAND "




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