



LAS
DU COMTE DE LACHÂTRE
AU
PRINCE DE TALLEYRAND
EN DATE DU
18 JUILLET 1815
Londres, le 18 juillet 1815
Monseigneur,
J’ai cru devoir m’occuper du sort des blessés français qui sont dans l’hôpital d’Anvers, et qui naturellement devaient être conduits en Angleterre d’où il aurait fallu les ramener en France, après avoir été soignés aux dépens de notre gouvernement. Pour éviter ces frais énormes, et pour fatiguer moins ces malheureux blessés, je suis convenu, ce matin, avec lord Bathurst qu’on les ferait conduire par mer à Dunkerque, d’où on les transporterait facilement dans les hôpitaux de Lille à moins que vous préférassiez qu’ils soient conduits en France par les canaux traversant la Belgique. Je penchais après pour ce dernier moyen, comme moins fatigant pour les transportés ; mais en réfléchissant qu’il faudrait établir des commissaires chargés de leur nourriture ; que les chirurgiens se rendraient difficilement d’une bélandre à l’autre ; qu’il faudrait une dépense du moment considérable, (les anglais ne pouvant plus alors s’en charger), je me suis décidé au premier parti, et je suis convenu avec lord Bathurst qu’il serait envoyé incessamment des bâtiments de transport à Anvers. Si cependant Votre Altesse n’approuvait pas ce plan, il serait encore temps de le changer en me prévenant sur le champ.
J’ai demandé quel était le nombre des blessés à transporter ; il devait m’être envoyé avant le départ du courrier ; j’y suppléerai par le prochain.
J’ai l’honneur d’être avec une très haute considération, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé, Le comte de Lachâtre.
A son Altesse le prince de Talleyrand.





