

L. A. S.
DE TALLEYRAND
A
PIERRE-CESAR LABOUCHERE
SUR
LES AFFAIRES EUROPEENNES
13 AVRIL [1826]
Paris 13 avril [1826].
Je vous écris dessus le bureau de M. Hottïnguer qui vous écrit de son côté !
Notre fin de voyage s’est très bien passée ; et nous sommes tous arrivés ici en bon ordre. Mais voila les rhumes qui arrivent : nous avons quitté à Nice l’été commencé, et nous avons retrouvé ici une queue d’hiver.
Nos affaires, ou pour mieux dire les affaires d’Europe sont moins claires depuis quelques jours. Les protestations de désir de paix viennent de partout ; mais l’accord certainement a éprouvé quelque embarras. Nous disons ici que la mission du duc de Wellington n’a pas eu tout le succès qu’on en attendait. On veut être bien, mais froidement avec vous : on se refuse à tout concert à établir ; on ne s’occupe que de ses propres affaires intérieures, on les fait. On prend la question turque uniquement du côté de l’inexécution des traités, et on est à cet égard très haut dans les communications officielles, on ne parle point des grecs ; leur nom n’est pas prononcé, il s’agit uniquement dito, de la Valachie et de la Moldavie.
Le duc de Wellington parti le 2 avril de Pétersbourg revient les mains raides. Nous, nous allons envoyer, pour envoyer : car de plan nous n’en avons point.
Les nouvelles dont je viens de parler ont été suffisantes pour que notre bourse fut en baisse sur tous les effets : il est vrai que jamais la hausse n’a été solide, au moins depuis plus de six mois.
M. Hottïnguer vous expliquera notre état financier mieux que moi.
Adieu répondez-moi après l’arrivée du duc de Wellington.
Dans ma première lettre je vous disais ma marche d’été ; et je voudrais bien qu’en la connaissant, vous me répondiez que vous viendrez à Valençay ou au mois de juin, ou au mois de juillet, d’août, ou de septembre.
Adieu, je vous renouvelle l’assurance de ma vieille et sincère amitié.
P. de Talleyrand.
Archives Nationales - 215AP1
Merci à Philippe Maillard pour son aide.





