

LETTRE
DE
TALLEYRAND
A
FOUCHE
MINISTRE DE LA POLICE GENERALE
SUR JORRY
29 BRUMAIRE AN VIII [20 NOVEMBRE 1799]
J’ai vu avec beaucoup de peine, Citoyen Ministre, le nom de Jorry dans la liste des hommes condamnés à l’exil. Jorry est un très jeune homme, dont les écarts méritent plus d’indulgence que de rigueur. Il est au service de la République, il est à l’armée d’Italie ; peut-être au moment même où la loi le frappe, elle est prévenue par les coups de l’ennemi ; peut-être des blessures ou une mort patriotique honorent son nom. Je dois ajouter que Jorry n’ayant jamais, à ma connaissance, offensé que moi, je me crois un droit particulier à vous présenter ces observations ; et je vous avoue qu’ayant le plus grand, le plus vif désir de voir mon offense oubliée de toute la terre, comme elle l’est de moi, je recevrai comme une faveur personnelle l’exception que je sollicite et que je vous prie très instamment de demander aux Consuls de la République.
Talleyrand.
Journal des Débats et du Corps législatif N° 10





