



L. A. S.
DE TALLEYRAND,
A
[ADOLPHE THIERS]
SUR SA CURE A BOURBON-L'ARCHAMBAULT
EN DATE DU
23 [JUILLET 1832]
[Bourbon l’ Archambault] 23 [juillet 1832]
Voici de l’ancien régime tout pur.
Je me suis chargé de vous recommander une affaire que je ne connais pas, et je la recommande uniquement parce qu’elle intéresse une personne de mes amies Mde de Vaudémont, vous voyez que j’ai encore à faire avant d’introduire toute la froideur de la doctrine dans les relations sociales. Du reste je sais que l’on doit vous remettre une note explicative, courte me dit-on, et bien faite. Je sais que vous la lirez avec une bienveillante attention, et je vous en remercie.
Je suis à Bourbon tout seul, prenant les eaux de mon mieux, jouissant des facilités locales que l’on a ici pour manger juste le nécessaire, pour se coucher de bonne heure, et pour n’être pas exposé à échanger une parole d’un intérêt quelconque.
On dit que tout cela est très sain et j’observe sur tous ces points le plus strict régime.
Après avoir pris le nombre de douches que le médecin prescrit, j’irai me reposer à Valençay. L’effet des eaux ne se fait bien sentir que quelques temps après les avoir prises, et en ne rentrant que par degrés dans la vie ordinaire. J’ai aussi quelques affaires à arranger, deux ans d’absence donnent souvent aux concierges le goût de propriété.
Tout cela me mène à la fin de septembre : et alors, si l’on me croit utile, j’abrégerai mon congé qui ne finirait naturellement qu’à la fin d’octobre, et j’irai employer les mois qui me restent au service de la France.
Vous devriez bien venir me voir à Valençay : Mde de Dino y sera à la fin d’août vers le 28 ou 29.
Adieu, mille amitiés.
Talleyrand.
P.S.
D’après ce que je lis dans les journaux sur l’embarquement de Don Pedro il me parait qu’il a peu lu Shakespeare :
“What does he in the north
When he should serve his sovereign in the south”
Succession d’Auguste Martin, secrétaire et chef de cabinet de Thiers
Lot no 152 - Vente PIASA, Paris le 20 novembre 2008. 2850 EUR
Collection privée.





