

SECONDE LETTRE DE DEMISSION
DE
TALLEYRAND
AU DIRECTOIRE
DE SON POSTE DE
MINISTRE DES
RELATIONS EXTERIEURES
ET ACCEPTATION DE CETTE DEMISSION
EN DATE DU
2 THERMIDOR AN VII
20 JUILLET 1799
CITOYENS DIRECTEURS,
Je vous prie de nouveau de vouloir bien accepter la démission que j’ai eu l’honneur de vous offrir le 25 messidor dernier.
Je ne me pardonnerais pas de rester dans une place où, malgré la certitude que j’ai d’avoir fait pour la République tout le bien qui était en mon pouvoir, je sens que mon nom seul, attaqué chaque jour par de nouveaux outrages, pourrait devenir un obstacle aux vues du gouvernement. D’ailleurs, dans un moment où un tribunal du département de la Seine vient de me condamner sans même m’avoir appelé en cause, et de déclarer calomnieuse et inconstitutionnelle une dénonciation qui n’a jamais existé ni par écrit ni de vive voix, que je n’ai ni faite ni même un seul instant voulu faire, tout m’avertit que je dois me retirer, et que je ne dois pas laisser plus longtemps la qualité de ministre de la République exposée à d’aussi inconcevables injustices.
Je conserverais à jamais, Citoyens Directeurs, le souvenir de vos bontés. Veuillez recevoir, en ce moment, l’expression de ma reconnaissance et l’hommage de mon respect.
CH. MAU. TALLEYRAND


Paris, le 2 thermidor an VII (20 juillet 1799).
Le Directoire exécutif, Citoyen ministre, avait reçu la démission que vous lui aviez adressée le 25 messidor dernier. Sur les nouvelles instances que vous lui faites parvenir, il vient de l’accepter, et vous a remplacé par le citoyen Reinhard, ministre plénipotentiaire près la République helvétique.
Le Directoire regarde comme un acte de justice de vous témoigner, à cette occasion, combien il a été satisfait du zèle constant, du civisme et des lumières que vous avez apportés tant dans les fonctions de votre ministère que dans celles du ministère de la marine qui vous avaient été momentanément confiées.
Le Directoire vous invite néanmoins à continuer le travail des relations extérieures jusqu’à l’arrivée de votre successeur ; il ne doute pas que vous n’y apportiez le même zèle.


TIRE DU LIVRE DE G. PALLAIN LE MINISTERE DE TALLEYRAND SOUS LE DIRECTOIRE





