

DISCOURS
DE M. DE TALLEYRAND
EN QUITTANT LE FAUTEUIL DE
PRESIDENT DE
L'ASSEMBLEE NATIONALE
28 FEVRIER 1790
M. de Talleyrand, évêque d’Autun, ouvre la séance et annonce que le résultat du scrutin pour l’élection du Président a donné le résultat suivant :
Sur 700 votants, M. l’abbé de Montesquiou a obtenu 357 suffrages ; M. le baron de Menon 317 ; 26 voix ont été perdues.
En conséquence, M. l’abbé de Montesquiou est proclamé président.
M. de Talleyrand, évêque d’Autun, ex-président, dit :
« Messieurs,
« Vos bontés, toujours encourageantes, ont pu seules me soutenir à la place honorable où elles m’avaient appelé. Dans la crainte naturelle de ne les avoir pas suffisamment justifiées, je ne puis être consolé que par le sentiment des efforts que je n’ai jamais cessé de faire. C’est un bonheur pour moi de voir votre choix se fixer de nouveau sur celui qui s’est présenté à votre souvenir avec tant de titres, et à qui le retour de vos suffrages garantit de nouveaux succès. »
Le discours de M. de Talleyrand est vivement applaudi
M. l’abbé de Montesquiou, Président, prend le fauteuil et s’exprime en ces termes :
« Messieurs,
« Je ne saurais remonter à la place difficile que vous avez bien voulu me confier une seconde fois, sans me rappeler le besoin que j’ai toujours éprouvé de vos bontés ; je viens, Messieurs, les mettre à une seconde épreuve.
Puissé-je retrouver ces sentiments d’indulgence qui m’ont à la fois servi d’encouragement et de récompense. Vous le savez, on s’attache par ses propres bienfaits comme par les faveurs que l’on reçoit ; et si le souvenir de vos bontés peut vous engager à pardonner une partie de mes fautes, le zèle de la reconnaissance me donnera peut-être aussi quelque moyen d’en éviter. »
L’Assemblée vote ensuite des remerciements à M. l’évêque d’Autun pour sa présidence.





