

REPUBLIQUE FRANCAISE
LIBERTE EGALITE
Paris, le trois Germinal de l'an. 6. de la République
une & indivisible
LE MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES
AU CITOYEN CAMILLE CORONA
MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES
DE LA REPUBLIQUE ROMAINE
CITOYEN MINISTRE
Je me suis empressé de remettre au Directoire Exécutif la lettre que lui ont adressé les Consuls de la République Romaine. Il a appris avec une vive satisfaction que la forme du gouvernement représentatif a été adoptée avec enthousiasme dans ce même pays, jadis le plus libre de la terre, mais naguère et depuis si longtemps soumis à une autorité anti-Populaire, et il a reçu avec un sensible intérêt l’expression des sentiments de reconnaissance, dont les Citoyens de Rome nouvelle sont pénétrés pour la République Française.
Le Directoire Exécutif m’a chargé, Citoyen Ministre, de transmettre par votre organe aux Consuls de la République Romaine le témoignage réitéré de la part qu’il ne cessera de prendre à sa prospérité.
Elle en a déjà reçu un gage précieux dans l’envoi des Commissaires Français qui résident en ce moment auprès d’elle, et qui lui ont porté le tribut de leurs lumières, de leur patriotisme éprouvé et de leur expérience : Le Directoire espère qu’aidés d’un tel secours les Nouveaux Romains arriveront promptement, et sans secousses à l’établissement de la Constitution libre la mieux adaptée à leurs mœurs et à leurs besoins, et il leur offre l’appui constant de sa bienveillance pour en affermir la durée.
Je m’estime heureux, Citoyen Ministre, d’être l’interprète de ces sentiments, et d’avoir à m’adresser à Vous pour les faire connaître à la République Romaine. Vos rares connaissances, vos principes de Philanthropie et de liberté vous ont appelé au poste que vous occupez. Le choix honore le Peuple Romain : il assure à notre correspondance ces communications franches et intimes, qui doivent concourir à assurer l’union entre nos deux Nations, et me promets à moi l’avantage, que je sais apprécier, de vous renouveler fréquemment les assurances de ma haute considération.
C. M. TALLEYRAND.





