

L. S.
DE TALLEYRAND
A
MANGOURIT,
RESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
A SAINT-MAURICE EN VALAIS
DU 13 GERMINAL AN 6
[2 AVRIL 1798]
Paris, le 13 germinal, de l’an 6, de la République française, une et indivisible
Le Ministre des Relations extérieures au Citoyen Mangourit, Résident de la République Française, à Saint-Maurice, en Valais.
J’ai reçu, Citoyen, vos cinq dépêches, en date des 26, 28 et 30 ventôse, N° 46, 46 bis, 47, 48 et 39. J’ai reçu aussi du Directoire exécutif la dépêche et les pièces que vous avez adressées à son Président, pour le prier de faire finir toute fluctuation à l’égard du Valais. Mes dernières dépêches vous ont répondu d’avance sur cet objet ; et les instructions du Citoyen Lecarlier que je vous ai annoncé comme commissaire du Directoire exécutif en Suisse, suffiront pour vous diriger en tout ce qui concerne le système de gouvernement de ce petit pays. Je vous invite à correspondre avec ce commissaire suivant la teneur de l’arrêté que je vous ai transmis.
Je vous prie de faire une dépêche particulière que vous émargerez, Bureau des Fonds, pour toutes les demandes que vous aurez à m’adresser relativement à vos dépenses, soit courantes, soit secrètes. Ce bureau seul est chargé de répondre sur cet objet : et c’est l’ordre de correspondance établi pour tous les agents extérieurs.
Le Consul de la République française à Majorque m’informe que les officiers valaisans de Courton continuent de porter la Croix de Saint-Louis, au grand scandale des habitants de l’île, et de tous les amis de la République. Vous savez, Citoyen, que le Valais, ainsi que le Corps helvétique, a défendu le port de ces marques royales, odieuses aux Français. Les officiers valaisans qui se trouvent à Majorque, nonobstant qu’ils soient attachés au service du Roi d’Espagne, n’en sont pas moins soumis aux lois de leur pays. Vous voudrez bien leur faire intimer l’ordre le plus prompt de déposer à jamais ces décorations généralement proscrites, et m’informer des mesures que le gouvernement du Valais prendra pour y parvenir.
Salut et fraternité.
Ch. Mau. Talleyrand.





