

CIRCULAIRE IMPRIMEE
ADRESSEE A
NOS SEIGNEURS LES EVEQUES
TOUCHANT A LA REFORME DES COLLEGES
PAR
L'ABBE DE PERIGORD
A PARIS
LE 8 NOVEMBRE 1780
MONSEIGNEUR,
L’ASSEMBLEE-GENERALE du Clergé, touchée de l’état actuel de l’Education publique, aurait désiré pouvoir, dans le cours de ses Séances, mettre sous les yeux du Roi un plan d’administration pour les Collèges, qui eût une utilité générale, sans avoir d’inconvénients particuliers ; mais elle a été arrêtée dans ses vues par le défaut des connaissances locales, & l’exécution de cette grande entreprise a été remise à l’Assemblée prochaine. La difficulté d’une réforme si importante & si nécessaire nous engage, MONSEIGNEUR, à vous adresser diverses questions sur lesquelles vous voudrez bien nous éclairer.
1°. Combien y a-t-il de Collèges dans votre Diocèse ? Sont-ils de plein exercice, ou n’ont-ils qu’un certain nombre de Classes ? Quelles sont les principales clauses insérées dans les actes de fondation de ces établissements ?
2°. Quelle est la forme actuelle de l’administration spirituelle et temporelle des Collèges de votre Diocèse ? Quels sont les vices & les abus auxquels elle vous parait sujette ?
3°. Par qui sont nommés & choisis les Principaux, Professeurs & instituteurs ?
4°. Quel est le plan suivi dans les Etudes, & quelles sont, dans les différentes parties de l’instruction, les pratiques vicieuses & inutiles ?
5°. Quels sont les inconvénients de l’administration introduite par l’Edit du mois de Février 1763 dans les Collèges ci-devant confiés aux Jésuites, & quel serait le remède à ces inconvénients ?
6°. Ne serait-il pas avantageux d’appeler au gouvernement des Ecoles publiques, des Communautés Régulières ou Séculières, & d’en exclure les Maîtres particuliers, soit Ecclésiastiques, soit Laïques ? ou si on continuait à les employer, ne faudrait-il pas les assujettir à la vie commune, sous les yeux & l’inspection du Principal ?
7°. Quels seraient les moyens de former un Etablissement qui pût fournir des Principaux, des Régents & des Sous-Maîtres dans toutes les parties du Royaume, & quel genre de précaution conviendrait-il de prendre à ce sujet ?
8°. Quel serait le plan d’Education le plus propre à faire aimer & respecter la Religion, à conserver la pureté des mœurs, à entretenir l’émulation, à donner le goût des Sciences, & à rendre les Elèves capables de remplir dans la société les fonctions auxquelles ils peuvent être destinés ?
9°. Y a-t-il une Université dans votre Diocèse ? Quelle est l’époque de son institution, la forme de son gouvernement, son utilité, l’étendue de ses droits, de ses privilèges ? Est-elle composée de plusieurs Facultés ? Ses Ecoles sont-elles fréquentées ? Quels sont enfin les abus qui s’y sont glissés, relativement aux Etudes, à l’adoption des degrés & à l’exécution des Statuts & Règlements ?
Tels sont, MONSEIGNEUR, les principaux objets sur lesquels nous sommes chargés de vous demander des éclaircissements. Vos lumières & votre prudence nous assurent que l’Assemblée prochaine trouvera dans les réponses que vous aurez la bonté de nous faire, des vues qui la mettront en état de consommer, ou du moins de préparer une révolution aussi importante.
Nous sommes avec respect,
MONSEIGNEUR,
Vos très humbles & très obéissants serviteurs, Les Agents-Généraux du Clergé de France. Signé : l’abbé de Périgord.
FIN





