


L. S.
DE TALLEYRAND
AU
CITOYEN OTTO
COMMISSAIRE POUR L'ECHANGE DES PRISONNIERS A LONDRES
SUR DES INSINUATIONS A MEPRISER
EN DATE DU
15 FRIMAIRE AN IX
[6 DECEMBRE 1800]
Paris, 15 frimaire an 9 [6 décembre 1800].
Le Ministre des Relations extérieures au citoyen Otto, commissaire pour l’échange des prisonniers à Londres.
Citoyen, j’ai reçu votre lettre du 30 brumaire.
Vous avez eu raison de croire que l’espèce d’insinuation qui vous a été faite ne méritait aucune attention. Et par le fond et par la forme, elle ne se présente que comme le fruit de quelque intrigue, et peu importe de savoir de quelle source elle émane. Il convient même que si l’on réitère auprès de vous de semblables démarches, vous les repoussiez avec hauteur et mépris. Toute la politique du gouvernement est en opposition constante avec les ténébreuses pratiques dont il n’y a rien à attendre pour le rétablissement d’une paix honorable et solide. Il n’y a qu’une négociation ouverte et franche qui puisse y conduire.
Je vous salue.
Ch. Mau. Talleyrand.
P. S. Je vous ai annoncé qu’un nommé François Renaud, marchand, se présenterait à vous. Peut-être me suis-je trompé de nom ? Peut-être est-ce François Pascal, mais quelque soit le nom convenu, la personne dont il s’agit est M. de Montlosier. Vous jugerez que lui doit être secret.







