

L. S.
DE TALLEYRAND
A
EDOUARD BIGNON
CHARGE D'AFFAIRES A HESSE-CASSEL
SUR LE PASSAGE DE L'ARMEE EN HESSE
EN DATE DU
3 VENDEMIAIRE AN XIV
[25 SEPTEMBRE 1805]
Paris, le 3 vendémiaire an 14 [25 septembre 1805]
J’ai mis, Monsieur, sous les yeux de Sa Majesté vos dernières dépêches. Elle a vu avec une grande satisfaction l’accueil que ses troupes ont reçu dans les états hessois. Elle a été touchée de l’empressement et de la grâce que son altesse a mis à donner tous les ordres nécessaires pour que le passage de l’armée française n’éprouvât aucun obstacle et que tout fut disposé pour la faciliter et enfin elle m’a ordonné de vous charger d’en remercier la cour de Hesse en son nom. Son altesse électorale n’a pas seulement donné dans cette circonstance une preuve de son attachement à la France et de la loyauté de sa politique, elle a encore montré qu’elle savait parfaitement discerner le caractère de la guerre actuelle qui est moins dirigée contre la France que contre l’empire et la constitution germanique, puisque son début est marqué par l’invasion d’un des plus importants états de l’Allemagne, par la fuite forcée d’une cour électorale et que son résultat si la France n’était pas là pour prévenir l’Allemagne des dangers qui la menacent serait la destruction de toutes les souverainetés constitutionnelles de l’empire et l’oppression de tous les princes que la maison d’Autriche a juré de punir de tous les avantages que la bienveillance de la France leur a fait obtenir par le dernier recès.
Je vous renouvelle, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération
Ch. Mau. Talleyrand.
M. Bignon, chargé d'affaires de Sa Majesté l'Empereur des Français à Hesse-Cassel





